Pourquoi un travailleur autonome a-t-il besoin d'une assurance invalidité ?
Un salarié a souvent une assurance collective qui remplace une partie de son salaire pendant un arrêt de travail. Un travailleur autonome, lui, n'a pas d'employeur derrière lui : si la maladie l'arrête, les revenus cessent, alors que l'hypothèque, l'épicerie et les frais fixes de l'entreprise continuent.
Le premier calcul est simple : combien de mois votre ménage tient-il sans revenu ? Je regarde avec vous vos dépenses réelles, votre fonds d'urgence et ce que votre employeur couvre déjà, s'il y en a un, pour fixer le montant mensuel à protéger.
Qu'est-ce que le délai de carence en assurance invalidité ?
Le délai de carence est la période entre le début de l'invalidité et le premier versement. Il est choisi au contrat, par exemple 30, 90 ou 120 jours. Plus il est long, plus la prime est basse, mais plus il faut d'épargne pour tenir en attendant.
Le choix dépend surtout de votre fonds d'urgence. Si vous pouvez tenir trois mois, un délai de 90 jours peut avoir du sens. Sinon, un délai plus court vous protège mieux. Le contrat prévoit aussi une durée maximale de versement, par exemple quelques années ou jusqu'à 65 ans.
Propre profession ou toute profession : quelle définition de l'invalidité choisir ?
C'est souvent ce qui fait le plus de différence au moment d'une réclamation. Avec une définition « propre profession », vous êtes considéré comme invalide si vous ne pouvez plus exercer votre métier habituel. Avec « toute profession », la compagnie peut cesser les versements si vous pouvez occuper un autre emploi adapté à votre formation et à votre expérience.
Plusieurs contrats combinent les deux : propre profession pendant une première période, puis toute profession par la suite. Je lis ces définitions avec vous, ainsi que les exclusions et la façon dont le contrat traite un retour progressif au travail.
Que couvrent la CNESST, la SAAQ, l'assurance-emploi et la RRQ en cas d'invalidité ?
Chaque régime public couvre une situation précise, avec ses propres conditions. Or, beaucoup d'arrêts de travail sont causés par une maladie sans lien avec le travail ou la route. Voici, de façon générale, ce que chaque régime vise :
- CNESST : les accidents du travail et les maladies professionnelles. Un travailleur autonome n'est généralement pas couvert, à moins de s'inscrire lui-même à une protection personnelle.
- SAAQ : les blessures causées par un accident de la route. Une maladie ou un accident d'un autre type n'est pas couvert.
- Assurance-emploi : des prestations de maladie pendant une période limitée, pour les personnes admissibles. Un travailleur autonome doit s'être inscrit à l'avance pour y avoir droit.
- Rente d'invalidité de la RRQ : pour une invalidité grave et permanente, avec des critères stricts et un minimum d'années de cotisation. Elle remplace une partie seulement du revenu.
Combien coûte une assurance invalidité et combien peut-on assurer ?
La prime dépend de votre âge, de votre santé, de votre métier, du délai de carence, de la durée des versements et des options choisies. Les compagnies limitent le montant assurable à une partie de votre revenu, pour que l'arrêt de travail ne rapporte pas plus que le travail.
Pour un travailleur autonome, la compagnie regarde en général le revenu net d'entreprise déclaré à l'impôt. Comme les règles et les prix varient, je compare les solutions de plusieurs compagnies, et on regarde ensemble le montant qui correspond à vos chiffres.
Olivier GrattonConseiller en sécurité financière · Certificat AMF n° 266911 · Mis à jour le 14 octobre 2026